Ce soir la lune est belle …

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Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n´ai plus de feu,
Ouvre-moi ta porte,
Pour l´amour de Dieu.

Au clair de la lune
Pierrot répondit :
« Je n´ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu´elle y est,
Car dans sa cuisine
On bat le briquet.

Au clair de la lune
L´aimable lubin
Frappe chez la brune,
Elle répond soudain,
Qui frappe de la sorte?
Il dit à son tour :
Ouvrez-moi la porte
Pour l´amour de Dieu.

Au clair de la lune,
On n´y voit qu´un peu :
On chercha la plume,
On chercha le feu.
En cherchant d´la sorte
Je n´sais c´qu´on trouva,
Mais j´sais que la porte
Sur eux se ferma

{Variante:}
Au clair de la lune
Pierrot se rendort.
Il rêve à la lune,
Son cœur bat très fort;
Car toujours si bonne
Pour l´enfant tout blanc,
La lune lui donner
Son croissant d´argent

Commentaires explicatifs de la chanson que nous connaissons tous et qui fait évidemment partie du répertoire des chansons enfantines de tous les parents et enseignants  ! Et pourtant… 

D’après certaines sources, la version originale disait Prête-moi ta lume plutôt que Prête-moi ta plume. Lume vient du mot lumière et c’est ce dont on a besoin pour écrire lorsque la chandelle est morte. On a donc la demande, « la lumière (lume) pour écrire un mot » et la justification de cette demande, « ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu ». Il faut donc du feu pour rallumer la chandelle et avoir ainsi de la lumière (lume). Cette version est plus cohérente avec la voisine qui bat le briquet, c’est-à-dire qui allume son feu, et pourra rallumer la chandelle. Ce sens est perdu avec « Prête-moi ta plume ».Cependant la version officielle serait cohérente si le protagoniste cherchait deux choses : une plume pour écrire et du feu pour sa chandelle. Ainsi dans le premier couplet la demande de feu serait alors sous-entendue dans « ma chandelle est morte je n’ai plus de feu ». Dans le second couplet la version modifiée donnerait « je n’ai pas de lume, je suis dans mon lit » ce qui signifierait que puisque Pierrot est dans son lit, alors il a déjà éteint ses lumières. Mais la version originale « je n’ai pas de plume, je suis dans mon lit » peut être toute aussi logique si Pierrot explique qu’il n’a pas de plume pour son ami et qu’il est dans son lit (sous entendu qu’il a déjà éteint le feu de ses chandelles). De même, pour le quatrième couplet, la version modifiée « on chercha la lume, on chercha du feu » produirait une phrase redondante, alors que la version officielle « on chercha la plume, on chercha du feu » contient deux informations.

Jusqu’ici, pas de quoi casser trois pattes à un canard… Mais la suite va devenir beaucoup plus intéressante…

À travers des termes comme Lubin (moine dépravé), chandelle, battre le briquet (désigne l’acte sexuel) et le dieu d’amour, les paroles ont en réalité des sous-entendus d’ébats amoureux. Ainsi, rallumer le feu (l’ardeur) lorsque la chandelle est morte (on ne peut plus être clair !) en allant voir la voisine qui « bat le briquet » peut être interprété de façon clairement lubrique.

 

 

 

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